RECIT BRESIL | Le Pantanal, sans peur et sans réserve

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 LilyBy Lily

Warning à l’attention de nos chers lecteurs : ce récit est fortement déconseillé aux âmes sensibles. Aucun animal n’a été maltraité durant cette étape de voyage, en revanche, les protagonistes, oui 🙂

Après Bonito, nous voilà parti pour 6h de bus pour Corumba. Pfff, 6h de bus, un truc de fillette, même pas peur !

Sauf que notre destination est le Pantanal (prononcer le Pannnn-ta-nâââl, avec un P1000715 (Copier) (2)accent qui frôle l’accent québecois). Et que le Pannnn-ta-nâââl, c’est d’après la définition wikipedia : «  une écorégion terrestre d’Amérique du Sud appartenant au biome des prairies et savanes inondables. » Entendre plutôt : «Le Pantanal c’est franchement entre la cambrousse et la jungle, avec des animaux un peu plus sauvages que les chiens et chats de ton quotidien de petit occidental ».

Du coup, les 6h en bus se feront au milieux des locaux très typés cow-boy où nous chargerons une selle de cheval au milieu de nos sacs, et où des vieux essayeront de baragouiner quelque chose à Kersu qui n’y comprendra pas un traitre mot.


L’arrivée se fera à Corumbá. La définition Wikipédia dit « Corumbá est une ville brésilienne de l’ouest de l’État du Mato Grosso do Sul sur la rive gauche du Paraguay.  » 

Ok. Entendre : « Corumbá est une ville de frontière, plein de blattes et globalement plutôt glauque, même si un petit port a un certain charme ».

Peu emballés par la ville donc, comme le montre l’objectivité de notre description, nous cherchons à nous organiser pour visiter le Pantanal.


Deux solutions s’offrent à nous :

Solution 1  : la facilité, le confort et l’assurance du résultat, le tour de touriste tout ficelé et clé en main.

Solution 2: la non-facilité mais l’authenticité, l’aventure, le panache, la location de voiture en solitaire et l’aventure sur les routes du Pantanal.


Nous choisissons la solution 2 bien sûr, après un conciliabule en haut lieu.

C’est donc parti mon kiki, dès le lendemain matin, séparation des tâches : Kersu part chercher une location, et moi je file faire les courses pour tenir 2 jours dans le Pannnn-ta-nâââl. Après plusieurs péripéties (car finalement le touriste qui loue une voiture ça ne rentre pas forcément dans le cadre), Kersu arrive avec un petit pickup 2 places tout-terrain.

Nous chargeons les sacs à l’arrière, pas de bâche dans les supermarchés pour recouvrir nos sacs, nous prierons pour qu’il ne pleuve pas.

Ni une ni deux, nous partons dans le Pannnn-ta-nal !!!

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Alors c’est là que je n’ai pas d’autres choix que de faire deux versions de lecture.

La version 1, est une version adressée aux parents, et à toute personnes susceptibles d’être stressée par nos aventures.

La version 2, est une version adressée à tous ceux qui raffolent des plans foireux… surtout ceux des autres.

Version 1 : Pour les parents.

Une fois dans notre petit pick-up, nous partîmes tous guillerets sur les routes terreuses du pan-tanal.

Nous y avons vu quelques petits oiseaux, des charmants Capybara, et quelques petits moustiques typiques. Nous fûment ravis de cette promenade champêtre et trouvâment une petite auberge de jeunesse tout à fait croquignolesque où nous pûmes profiter d’une bonne nuit réparatrice. Nous repartîmes le lendemain matin après un ravissement de petit-déjeuner vers Corumbá pour rendre la voiture et nous diriger vers la frontière bolivienne.

Ces deux jours dans le paaaan-ta-nal furent un enchantement animalier, une vraie découverte de la faune et la flore, en toute tranquillité, sérénité et sécurité. Nous le recommandons chaudement à tout amoureux de la nature.

Version 2 : Pour les autres.

Bon alors, bordelum de bordelum, le Pantanal, on l’a vu de près, mais peut-être d’un peu trop près.

Le topo est le suivant. Tout d’abord, nous sommes partis avec 150$R en poche. Sachant que l’on avait tout ce qu’il fallait pour manger et qu’une chambre est normalement autour de 100$R, nous devions être large. Ensuite, on nous a conseillé de mettre 30$R d’essence dans la voiture. Super prévoyant, nous avons mis 50$R, allez, on est des dingues.

Une fois atteint le début de la route dans le vif du sujet du Pannn-ta-nal, c’était franchement très chouette. Nous avons vu notre lot d’oiseaux, de Capybara, et le soleil tombant créait une lumière franchement très belle sur le sol en terre très rouge.

Jusque là tout allait bien, le pantanal, on adore.

P1000716 (Copier)La nuit tombante, nous arrivons dans un micro village constitué de 5 maisons, avec un amont de canettes de bières qui jonchent le sol et des locaux qui se battent… Ambiance… Sauf que là, il y a une rivière à traverser en barque, et qu’il va bien falloir passer. Après quelques discussions, c’est 40$R, et le capitaine ne devrait pas dépasser les 4gr dans le sang. Ouf.

Nous traversons, pour arriver à l’hôtel que nous avions repéré (il n’y en a pas 50 au km). Mauvaise nouvelle, l’hôtel coute 200$R (aouchhhh), et ne prend pas la carte. Damned !!

Ok, nous décidons de continuer jusqu’au prochain, à environ 60km…

Sauf que nous n’avons bientôt plus d’essence. Que la prochaine station est à 80km. Et qu’on ne peut pas faire marche arrière car nous avons pris la dernière barque.

Et que la nuit tombe.

En résumé : Il fait nuit. Nous n’avons pas assez de cash pour payer l’hotel. Pas assez d’essence pour atteindre la prochaine station. Et nous sommes dans le pannnn-ta-nal, le royaume des bêtes que nous n’avons pas vraiment envie de croiser la nuit.

On respire, on respire, on respire. Petite tension dans la voiture. Et réflexion. Que pouvons-nous faire ?

La décision est prise, nous avançons, et croisons les doigts pour avoir un peu plus d’essence que ce que nous dit notre tableau de bord.

Nous roulons à faible régime et nous éteignons la clim pour limiter la consommation d’essence. Sauf que la chaleur très humide monte, que ce n’est plus tenable et qu’on ne peut pas ouvrir la fenêtre à cause des hordes de moustiques.

Ok. nous remettons un peu de clim..

Nous roulons… doucement… doucement… dans le noir en pleins phares…Nous croisons quelques animaux, des oiseaux…

P1000722 (Copier)Et là Kersu me dit : « ça ne serait pas une tortue sur le coté de la route ? »

Nous nous rapprochons.

Bordel de bordel, c’est un caïman ! Et pas des moindres !!

Une photo vite fait, on s’approche en voiture (mais pas trop), nous admirons ses belles rangées de dent, puis il file… et nous aussi !!

La sensation de se retrouver nez-à-nez, enfin voiture-à-dents face à un caïman en pleine nuit, sans essence, dans une voiture où il fleure les 40degrés, et sans savoir où on dort, cela ajoute un petit quelque chose de je ne sais quoi. Inutile de dire que mon envie d’aller aux toilettes rapidement m’est bien vite passée, question de priorité, je ne mettrai pas un petit orteil dehors !!!

Puis arriva ce qui devait arriver. La réserve s’allume… Vous savez, le petit « ding » qui laisse un silence de torpeur ? Nous continuons d’avancer, essayons de faire des estimations de la distance qu’il reste avant l’hôtel et notre réserve…

Heureusement, nous finissons pas y arriver, non sans un immense soulagement.

La bonne nouvelle c’est que l’hôtel prend la CB (et oui, car je rappelle que l’essence n’était pas l’unique problème, mais nous n’avions pas assez de cash non plus !).

La mauvaise nouvelle c’est que la station d’essence que l’on visait était fermée…

Après moults échanges avec les locaux nous finissons par négocier que Kersu aille à la première heure avec un gars pour acheter de l’essence au black…

Un diner, un repas, et hop au lit.

Le lendemain matin Kersu part chercher de l’essence, nous prenons 10L, ce qui devrait permettre d’atteindre la station suivante.

Nous repartons bien soulagé d’avoir pu dormir, et avec de l’essence..

Nous roulons, payons le péage avec le cash qu’il nous reste… Tout va bien.

Nous passons la station service. La jauge d’essence nous dit qu’il en reste encore, et comme nous devons rendre la voiture vide (c’est la règle ici, tu loues vide, tu rends vide, et s’il reste de l’essence, c’est pour ta pomme!).

Nous décidons de ne pas en prendre, ça devrait passer.

Bon. Ca devrait passer. Sauf qu’1/2h plus tard notre jauge essence s’allume à nouveau et que nous ne savons pas exactement à combien de kms nous sommes de la ville.


Damned !!!! Comme le dira Kersu si justement, « franchement, parfois, on n’apprend pas toujours très vite de nos erreurs… ».


Bref, on croise les doigts et nous arrivons à 11H58 à l’agence pour rendre la voiture avant la fermeture de 12h, avec un réservoir absolument vide et un intérieur tapissé de cadavre de moustiques écrasés à la volée.


Cela aura été un expérience enrichissante et franchement immersive. Nous n’avons pas pu trouver le learn&Kiff que l’on cherchait, où l’on se voyait déjà avec nos blouses de vétérinaires sauver les Aras et boa. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avons pas appris pour autant… même s’il a fallu s’y reprendre à deux fois 🙂


Inutile de dire que le Pantanal, nous pouvons affirmer que c’est franchement bien sans réserve, mais avec une pleine… c’est mieux.

LilyBy Lily

5 Commentaires

  1. Caro Caro
    11 octobre 2015    

    Même pas mal le pantanal !!!! j’ai littéralement HURLE de rire en lisant vos aventures. Vous avez un selfie avec le caïman ?

  2. daniel daniel
    12 octobre 2015    

    Les moustiques et le palu sont peut être plus dangereux que les caimans, mais le selfie est facile !
    Bravo pour ce suspens insupportable….

    • learnandkiff learnandkiff
      12 octobre 2015    

      Disons qu’on a eu plus de succès pour écraser les moustiques sur tout le tableau de bord que le courage de sortir dehors taquiner le caïman 🙂

  3. Bonnet Vitoux Bonnet Vitoux
    12 octobre 2015    

    J’adore vos récits mais aussi votre photo du moment………….

  4. Dr.F Dr.F
    17 octobre 2015    

    L’art de dramatiser le récit! Je ne vois rien d’autre qu’une tortue allongée moi sur la tof!
    Un peu déçue par ce récit qui aurait mérité une no happy ending avec dodo dans la caisse en panne infestée de moustiques affamés et petite attaque du carrosse par quelques bestioles sauvages …Allez les boulets faites un effort la prochaine fois!

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